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Eglise : Quid du site web en 2013 ?


En 1996, j’ai découvert internet.

Il ne m’a pas fallu trois jours pour me décider à créer mon tout premier site internet, codé sur ce bon vieux Frontpage et blindé de GIF animés créés à l’aide de Paint Shop Pro. Je passais des heures à regarder les GIF animés… Ah, ce fameux compteur…

À partir de ce moment-là, les sites internet ont pris une importance sans précédent dans la communication des entreprises et des organisations. On a alors assisté à une complexification de la publication des pages web, qui avaient de plus en plus recours à des bases de données pour stocker le contenu. De fil en aiguille, on a vu les blogs apparaitre, puis être complétés par le micro-blogging, le video-blogging et enfin les réseaux sociaux.

Cette ramification exponentielle des outils internet m’amène à poser la question du bon vieux site web : a-t-il encore sa place dans l’arsenal de communication dont les églises disposent aujourd’hui ?

L’information morcelée

En consultant l’historique de mon navigateur, force est de constater que je passe la plus clair de mon temps sur des plate-formes sociales clés-en-mains telles que Twitter, Google+ ou LinkedIn, Instagram, Flickr ou Facebook. C’est là que je rencontre des gens, que je crée des réseaux, que je partage mes idées et mes trouvailles, et que je découvre des images, des vidéos, des articles, des ressources que je propage à mon tour dans mon cercle d’influence. Ainsi, le rôle premier de tout internaute moderne est de propager l’information. On ne consulte plus. On buzze.

Il y a encore quelques années, la recherche Google était prédominante dans le flux d’information. Les sites internet correctement codés étaient ainsi mis en avant et bénéficiaient d’une large ouverture, pour peu que les mots-clés aient été choisis avec intelligence. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Google reste LA porte d’entrée sur le web, mais ses résultats sont de plus en plus indexés sur le partage sur les réseaux sociaux.

L’information s’est morcelée. On ne compte plus sur quelques sources d’informations triées sur le volet, mais sur un flux aléatoire de trouvailles éclectiques postées ou repostées sur nos timelines.

Optimiser sa présence sur le net

Faut-il se contenter de publier l’information des autres ? Non, bien entendu.

Mais il faut bien mesurer les enjeux avant de se lancer dans la création de contenu. En effet, votre église a deux choix :

1. Une carte de visite

C’est ce qui semble le plus évident. Le plus simple à mener techniquement aussi. C’est enfin ce qui reviendra le moins cher, et vous permettra de faire appel à un vrai web designer professionnel qui peaufinera l’apparence pour la rendre conforme à vos attentes.

En effet, l’apparence de certains sites d’églises me laissent dubitatif :

Embaucher un professionnel pour un site basique n’est pas si cher que ça, et certaines solutions clé-en-main pour les églises existent.

Quelques pages de présentation bien pensées, un agenda, des liens vers les groupes facebook et les comptes Twitter de votre communauté et/ou de vos membres ainsi qu’un formulaire de contact suffiront.

Après tout, les églises s’apparentent aux ONG qui présentent leur crédo, leurs actions et permettent aux internautes de les contacter.

2. Toucher les « internautes »

Cette solution demandera un investissement plus important, en termes de temps et d’argent. Quel que soit le type de contenu proposé, il faudra veiller sur les points suivants :

  • Proposer une ressource de qualité
    La qualité technique et artistique doit être le fil rouge de votre action.
  • Proposer un contenu intéressant
    Si la qualité technique n’est pas (encore) au rendez-vous, car il faut bien faire ses armes, le contenu doit être irréprochable. C’est lui qui sera partagé.
  • Proposer un contenu adapté
    Si votre cible est jeune, il va être difficile de les atteindre uniquement en publiant du texte. Du multimédia court sera beaucoup plus efficace.
  • Être régulier
    Il vaut mieux publier régulièrement une fois par mois que plusieurs fois, et de manière aléatoire.
  • Être cohérent
    Il faut garder une ligne éditoriale et s’y tenir. Quitte à créer un autre site pour parler d’autre chose.
  • Privilégier le multimédia
    Les images et les vidéos, même courtes, frappent le regard et sont plus vitre propagées sur les réseaux.
  • S’intégrer dans les réseaux sociaux
    Etre prêts à évoluer, suivre les tendances, ajouter de nouveaux outils pour rester sur la brèche : internet va vite, et six mois suffisent à se retrouver totalement has been.
  • Durer
    C’est le plus difficile. Seul un véritable travail d’équipe permettra de tenir la distance et de fidéliser les internautres (et non, ce n’est pas une faute de frappe).

Quoi qu’il en soit, le bon vieux site web n’est pas tout à fait mort. Il reste un outil lié à votre nom de domaine, qui doit donner un aperçu fidèle de l’identité de votre église. S’il est un peu laissé à l’abandon, n’hésitez pas à le simplifier et à le rajeunir en lui donnant un petit lifting. Faites appel à un graphiste ou un web designer qui vous fera un travail propre. Ou encore, lancez à votre église le défi de la présence sur le net.

 

Cédric Delalande
Cédric Delalande est un professeur d'anglais basé à Poitiers (86) qui a à cœur le développement d'une Église culturellement pertinente. Ancien responsable d'Église, vice-président de l'École Baptiste de Communication Art et Multimedia (EBCAM) et passionné de nouvelle technologies, il publie ses réflexions sur Pertinence Culturelle et a publié un livre sur la place de l'Église dans la société moderne intitulé "Faites-vous refaire les saints", disponible en version papier et en eBook (Kindle, iBooks et Kobo). Plus d'infos sur http://www.pertinenceculturelle.com
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