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Les dons du leader spirituel (Partie 1)

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Chaque chrétien possède un ou plusieurs dons spirituels. Tous devraient être impliqués dans le service. Tous devraient vouloir entrainer l’autre à rendre gloire à Dieu dans sa façon de penser, ressentir et agir. Mais, à certains, Dieu a donné des qualités humaines qui en font des meilleurs leaders que d’autres. Ces qualités ne sont pas toutes étiquetées chrétiennes, mais, lorsque le Saint-Esprit remplit une personne, elles seront toutes exploitées et transformées pour le plan de Dieu.

1.     L’impatience

Les leaders spirituels ont un problème avec le statu quo. Les non-leaders ont une inertie qui leur permet de s’installer, ce qui rend leur déplacement très difficile. Le rêve du leader c’est d’atteindre quelque chose. Faire grandir, diriger un groupe ou une institution vers une nouvelle dimension. Ils ont l’esprit de Paul qui dit dans Philippiens 3 : 13-14 (BDS) « Non, frères, pour moi je n’estime pas avoir saisi le prix. Mais je fais une seule chose : oubliant ce qui est derrière moi, et tendant toute mon énergie vers ce qui est devant moi, je poursuis ma course vers le but pour remporter le prix attaché à l’appel que Dieu nous a adressé du haut du ciel dans l’union avec Jésus-Christ. » Les leaders sont toujours orientés vers les autres !

L’histoire de la rédemption divine n’est pas finie. L’église est remplie d’imperfections, il y a toujours des brebis qui ne sont pas dans la bergerie ou certains besoins ne sont pas satisfaits. Le péché infecte les saints. Il est impensable d’être satisfait par l’ordre établi dans un monde déchu et une église imparfaite. De ce fait, il a plu à Dieu de mettre une sainte impatience dans certains de ses enfants. Ces personnes seront vraisemblablement des leaders.

2.     L’optimisme

Les leaders spirituels sont optimistes. Pas parce qu’ils ont foi en l’humanité, mais ils savent que Dieu contrôle la situation. Le leader ne doit pas laisser sa frustration se transformer en aigreur. Quand nous voyons les imperfections de l’église, nous nous joignons à l’auteur de la lettre aux Hébreux 6:9 (BDS) « Mes chers amis, même si nous tenons ici un tel langage, nous sommes convaincus que, dans ce que nous venons de dire, vous êtes du bon côté, celui du salut ». Le fondement de sa vie est en Romains 8 : 28 (BDS), nous savons en outre que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment, de ceux qui ont été appelés conformément au plan divin. Il raisonne avec Paul « Lui qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il pas aussi tout avec lui ? » (Rom 8 : 32 BDS). Sans une confiance basée sur la bonté de Dieu manifestée en Jésus Christ, la persévérance du leader faiblira et n’inspirera plus. Sans optimisme, le dynamisme devient désespoir.

 3.    L’intensité

Une qualité que je cherche dans mes collaborateurs, c’est l’intensité. Romains 12:8 dit que si votre don est le leadership, il faut être zélé. Romains 12 : 11 « l’ardeur : n’hésitez pas ; l’Esprit : soyez bouillants ! » Lorsque les disciples se souviennent de la relation de Jésus avec le temple de Dieu son père, de son comportement, ils utilisent des termes de l’Ancien Testament tels que « L’amour que j’ai pour ta maison, ô Dieu, est en moi un feu qui me consume ». Le leader doit suivre le conseil d’Ecclésiaste 9 : 10 « tout ce que tu trouves à faire, fais-le avec l’énergie que tu as ». Jeune, Jonathan Edwards rédigea une liste de soixante-dix résolutions. Celle qui m’a le plus inspiré : « Vivre avec une grande volonté toute ma vie ». Le Comte Zinzendorf de Morave dit « j’ai une passion. C’est Lui et Lui seul ». Jésus nous prévient, dans Apocalypse 3 : 16, « puisque tu es tiède, puisque tu n’es ni froid, ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche ». Les leaders spirituels doivent prendre du recul et penser aux choses incroyables et prodigieuses qu’ils connaissent de Dieu. Ils sont aveugles s’ils pensent pouvoir vivre leurs vies comme un entre-deux. Les leaders doivent prouver que les choses de l’Esprit sont intensément réelles, ce qui est seulement possible s’ils sont eux-mêmes intenses.

 4.     La maîtrise de soi

Par maîtrise de soi, je ne vise pas la couche superficielle, mais le centre de nos décisions. Si nous sommes appelés à diriger les autres vers Dieu, nous ne pouvons pas nous-mêmes nous comporter comme le monde. Selon Galates 5 : 23 « la maîtrise de soi est un fruit de l’Esprit ». Ce n’est pas seulement une question de volonté. Satan s’approprie le pouvoir de Dieu pour devenir maître sur nos émotions et appétits qui pourraient nous égarer ou gaspiller vainement notre temps. En 1 Corinthiens 6 : 12 Paul déclare « Tout m’est permis. Certes, mais tout n’est pas bon pour moi ». Tout m’est permis, c’est vrai, mais je ne veux pas me rendre esclave de quoi que ce soit.

Le leader chrétien doit soigneusement et constamment scruter sa vie pour savoir s’il est esclave de la télévision, l’alcool, le café, le golf, les jeux vidéo, la pêche, Playboy, la masturbation, la nourriture. Paul déclare dans 1 Co 9 : 25-27 : « Tous les athlètes s’imposent une discipline sévère dans tous les domaines pour recevoir une couronne, qui pourtant sera bien vite fanée, alors que nous, nous aspirons à une couronne qui ne se flétrira jamais. C’est pourquoi, si je cours, ce n’est pas à l’aveuglette, et si je m’exerce à la boxe, ce n’est pas en donnant des coups en l’air. Je traite durement mon corps, je le maîtrise sévèrement, de peur qu’après avoir proclamé la Bonne Nouvelle aux autres, je ne me trouve moi-même disqualifié ». Et dans Galates 5 : 24 « Or, ceux qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié l’homme livré à lui-même avec ses passions et ses désirs. » Ils entendent et suivent Romains 8 : 13 : « Car, si vous vivez à la manière de l’homme livré à lui-même, vous allez mourir, mais si, par l’Esprit, vous faites mourir les actes mauvais que vous accomplissez dans votre corps, vous vivrez »Les leaders spirituels doivent chercher à être libérés de tout ce qui les empêche de pleinement profiter de Dieu et de servir les autres.

5.     Avoir la peau dure

Une chose est certaine : si vous commencez à diriger les autres, vous serez critiqués. Personne ne peut être un leader spirituel s’il cherche à être approuvé et à faire plaisir à tous. Paul dit aux Galates (1 : 10) « Qu’en pensez-vous maintenant ? Est-ce la faveur des hommes que je recherche ou celle de Dieu ? Mon désir est-il de plaire aux hommes ? Si je cherchais encore à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ ». Les leaders spirituels veulent faire plaisir à Dieu. Ils ne cherchent pas les compliments des hommes. Dr Carl Lundqvist, ancien président du Bethel College and Seminary déclara, dans son dernier rapport à la Conférence générale des églises Baptistes que durant ses 28 années de services, il avait rarement connu une année vierge de toute opposition.

En tant que les leaders spirituels, si les critiques nous désarment, nous ne tiendrons pas le choc. Je n’insinue pas que nous devions faire comme si nous n’avions pas de sentiment, mais qu’une blessure ne doit pas nous détruire. Nous devons être capable de dire comme Paul en 2 Corinthiens 4 : 8 « Ainsi, nous sommes accablés par toutes sortes de détresses et cependant jamais écrasés. Nous sommes désemparés, mais non désespérés ». Nous entendrons la critique, mais ne serons pas incapacités à cause d’elle. Comme Paul le dit dans 2 Corinthiens 4 : 16 « nous sommes renouvelés de jour en jour. »

Les leaders doivent être capables de digérer la dépression, car ils la subiront bien assez. Il y aura beaucoup d’occasions où la tentation sera forte d’abandonner à cause de l’insatisfaction de certains. La critique est l’une des armes favorites de Satan pour faire abandonner les leaders chrétiens efficaces.

Je devrais toutefois plus expliciter cette notion d’ »avoir la peau dure ». Je ne veux pas donner l’impression que les leaders spirituels doivent être fermés à toute critique légitime. Un bon leader doit, en plus d’avoir la peau dure, être ouvert d’esprit et humble, capable d’accepter et de prendre en considération la critique légitime. Personne n’est parfait et Jonathan Edwards déclara un jour qu’il avait fait de la recherche de la vérité une discipline spirituelle. Examiner chaque critique avant de la rejeter. C’est un bon conseil.

6.     Le dynamisme

Un fainéant ne peut pas être un bon leader. Les leaders spirituels « rachètent le temps » (Ep 5 : 16). « Il nous faut accomplir les œuvres de celui qui m’a envoyé tant qu’il fait jour ; la nuit vient où plus personne ne pourra travailler » (Jn 9 : 4). « Faisons-le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts, nous récolterons au bon moment » (Gal 6:9). « C’est pourquoi, mes chers frères, soyez fermes, ne vous laissez pas ébranler, travaillez sans relâche pour le Seigneur, sachant que la peine que vous vous donnez pour le service du Seigneur n’est jamais inutile » (1 Co 15 : 58 b). Mais ils ne s’attribuent pas le mérite et ne font pas des gorges chaudes de leurs efforts, car ils savent « j’ai peiné à la tâche plus que tous les autres apôtres. Non pas moi, certes, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. » Et « Voilà pourquoi je travaille et je combats par la force du Christ qui agit puissamment en moi » (Col 1 : 29).

Quelqu’un a dit que le monde est dirigé par des hommes las. Un leader doit apprendre à vivre sous pression. On n’accomplit pas beaucoup sans date butoir. Ce qui crée cette sensation de pression. Un leader ne doit pas voir la pression du travail comme une corvée, mais une grâce. Il ne désire pas se disperser en ayant beaucoup de loisirs. Il aime être productif. Et il sait gérer la pression comment éviter qu’elle prenne trop de place avec des promesses comme Matthieu 11 : 27-28, 4 Philippiens : 7-8, Esaïe 64 : 4.

 7.     La réflexion

« Pour le mal, soyez des petits enfants, mais dans le domaine du jugement, montrez-vous des adultes. » (1 Colossiens 14 : 20). Il n’est pas facile d’être le leader de personnes plus intelligentes que vous. Le leader, c’est celui qui réfléchit à ce qu’il voit. Il s’assoit avec papier et crayon, griffonne et créé. Il examine toutes choses, retient ce qui est bon (1Thessaloniciens 5 : 21). Il est critique dans le meilleur sens du terme, c’est-à-dire pas crédule, ni vacillant ou influençable. Il pèse les choses, examine le pour et le contre. Il place une grande importance à la réflexion avant de prendre une décision. Prudence et rigueur ne sont pas contraires à la dépendance à la prière et la révélation divine. L’apôtre Paul dit à Timothée dans 2 Tim 2 : 7 « Réfléchis bien à ce que je te dis et le Seigneur te donnera de comprendre toutes ces choses ». En d’autres termes, Dieu ne court-circuite pas le processus intellectuel lorsqu’Il communique avec nous.

8.     La clarté

Il est difficile de diriger les autres si on n’arrive pas à exprimer clairement et avec conviction sa pensée. Les leaders comme Paul  souhaitent convaincre les hommes, pas les forcer (2 Co 5 : 11). Les leaders qui sont spirituels ne prêchent pas selon l’air du temps ou le sens du vent. Ils utilisent des phrases précises, des arguments percutants et solides. L’apôtre Paul visait, comme tous les bons leaders, à être clair dans ses propos. Dans Col 4 : 4, il demanda aux personnes de prier pour lui afin « que je puisse faire connaître clairement ce message comme il est de mon devoir de le faire ». Il est incroyable et lamentable de voir le nombre de personnes incapables de construire une phrase. Un brouillard entoure leurs réflexions. Ils ne se comprennent pas, et leurs auditoires non plus. Une brume recouvre les conversations et vous partez en vous demandant ce qui vient de se passer. Si personne ne s’élève au-dessus de cette masse confuse peuplée de « Tu sais… je veux dire… c’est juste… », il n’y aura pas de leadership.

9.     La capacité d’enseigner

Il n’est pas surprenant pour moi que les bons leaders de l’Église Baptiste de Bethléem fussent aussi d’incroyables enseignants. Selon 1 Timothée3 : 2, toute personne aspirant au bureau de contremaître d’une église doit être capable d’enseigner. Mais qu’est-ce qu’un bon enseignant ? Je pense qu’un bon enseignant possède au moins les caractéristiques suivantes :

  • il se pose les questions qui fâchent, il apprend des réponses et réfléchis ensuite à des formulations provocantes afin de stimuler la réflexion de son auditoire
  • il organise son sujet en plusieurs parties, trouve des relations et découvre l’unité du tout
  • il est au courant des difficultés que rencontre son auditoire, il les encourage et les aide à surmonter les découragements
  • il prévoit les questions et sait y répondre intelligemment
  • il peut se mettre à la place d’un grand nombre de ses paroissiens, il sait parler de sujets difficiles de façon compréhensible
  • il est concret (et pas abstrait), spécifique (pas général),  précis (pas vague), vulnérable (pas fuyant)
  • il demande « Et alors ? » et essaye de voir en quoi cette découverte a changé notre système de pensée, il essaye de trouver un lien entre une découverte et ses conséquences dans la vie de quelqu’un, il réfléchit et évite de généraliser

L’objectif d’un bon enseignant est la transformation d’une vie et des pensées pour honorer l’unité de Christ.

10.   Le bon jugement des caractères

Jésus connaissait le cœur des hommes (Jean 2 : 24-25) et nous demande d’être perspicace quand nous évaluons les autres (Mt 7 : 15ff). Le leader doit savoir qui peut faire quoi. Les bons leaders ont le nez creux. Ils reniflent les sangsues en un instant, ceux qui sont là pour écouter, pas pour apprendre ou changer. Ils savent détecter le potentiel d’un nouveau. Ils peuvent rapidement discerner les échos de fierté, d’hypocrisie, les pensées du monde. Le leader spirituel mène une course prudente, entre, d’un côté les dangers de la tradition, et de l’autre l’indifférence.

Troisième partie de cet article : ici

Traduit de The Marks of a Spiritual Leader

By John Piper. ©2013 Desiring God Foundation. Website : desiringGod.org

John Piper
John Piper est le fondateur de desiringGod.org, et conseiller de l’église de Bethleem. Il fut le pasteur principal de l’église baptiste de Béthlehem (Minneapolis, Minnesota, USA) pendant 33 ans. Il est l'auteur de plus de 50 ouvrages.
http://www.desiringgod.org/